Pépinière, verger, potager en Combrailles

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Nos pratiques

lundi 1er juin 2015, par lepoirierdelouche

Voici les principales pratiques agricoles que nous mettons en place pour l’ensemble de nos productions. Pour plus de détail sur chacune des productions, vous pouvez consulter les onglets spécifiques

- 1 - Associer les cultures

Sur les différentes parcelles que nous utilisons pour produire, les espèces cultivées le sont rarement de façon unique et solitaire, que ce soit dans l’espace ou dans le temps. Nos cultures sont généralement associées sur une même parcelle, voire à échelle plus petite sur une même planche de culture. Les deux principales associations que nous utilisons pour l’instant sont les suivantes :

  • Présence dans nos vergers des cultures maraîchères, de la pépinière d’arbres fruitiers, de petits fruits, de plantes et fleurs prairiales spontanées ou semées, et de plantes « compagnes » (utiles à leur voisins par leur odeur, leur système racinaire, leur développement foliaire, etc.).
  • Mélange des espèces (légumes, petits fruits, aromatiques) au sein des espaces de maraîchage. Ces associations sont détaillées dans les rubriques spécifiques à chaque production.

L’association des cultures a pour nous quatre principales raisons d’être.

  • Optimiser l’espace. Chaque espèce a un rythme de croissance (de quelques semaines pour le radis à plusieurs dizaines d’années pour l’arbre) et une utilisation de l’espace (aérien par ses tiges, branches ou feuilles et souterrain par ses racines) qui lui est propre. Un agencement spatial et temporel réfléchi d’espèces grandissant différemment est un moyen de concentrer les cultures sur un espace réduit. Cela permet notamment de :
    • faciliter leur entretien (moins de surface à couvrir et de distance à parcourir),
    • limiter la surface des sols nus (qui favorisent l’érosion et la dégradation générale des sols) et l’enherbement des zones d’interculture (désherbage pour le maraîchage, fauche pour les fruitiers),
    • concentrer les espaces très anthropisés que sont les zones agricoles pour laisser d’avantage de place aux espaces plus sauvages en dehors des fermes.
  • Augmenter la biodiversité au sein des cultures pour leur assurer un meilleur état sanitaire en :
    • diversifiant les espèces présentes (limitant ainsi les monocultures, souvent favorables aux ravageurs et maladies),
    • abritant des auxiliaires de culture,
    • créant des microclimats.
  • Favoriser les interactions bénéfiques entre plantes, que ce soit via les auxiliaires de culture qu’elles abritent, les ravageurs qu’elles éloignent, les nutriments qu’elles apportent, l’ombre ou l’abri qu’elles apportent, et sûrement plein d’autres interactions à découvrir.
  • Créer un environnement qui nous est visuellement agréable, pendant nos périodes de suivi des cultures ou nos périodes de repos.

- 2 - Assurer un environnement riche

Dans les secteurs que nous fréquentons, nous cherchons à maintenir, restaurer ou développer un environnement naturel riche. Outre l’intérêt général d’augmenter la biodiversité, cet environnement nous permet de disposer de matériaux utiles à nos productions. Toutes les parcelles sont ainsi entourées de haies bocagères que nous entretenons et restaurons (par exemple en cas de haies rabattues à 1m de hauteur, supprimées ou trop peu denses) en replantant arbres et arbustes trouvés localement. Les deux plus grandes parcelles sont attenantes à deux bois de 1ha et 0,5ha où nous prélevons un peu de bois, de feuilles et de terre forestière. La plus petite parcelle est bordée d’un ruisseau et est à proximité d’un bois sectionnal. Dans tous ces espaces nous cherchons à favoriser la présence d’espèces intéressantes pour nous, soit en permettant leur développement (ne pas les détruire, diminuer leur concurrence, etc.) soit en les y développant (plantation de haies, de consoude, etc.). Nous disposons ainsi :

  • d’arbres et arbustes sauvages pour restaurer les haies (noisetier, frêne, houx, aubépine, fusain, sureau, etc.) et servir de porte-greffe pour notre pépinière et notre verger (merisier, poirier sauvage, pruniers, etc.),
  • de bois pour nos constructions (serres, clôtures, barrières, étagères, etc.) et supports de culture (tuteurs, treilles, etc.),
  • de plantes « sauvages » (ortie, ronce, aubépine, fougère, consoude, pissenlit, etc.) utilisées tant pour la cueillette (pour séchage, confiture, assaisonnement des conserves, salades, etc.) que pour le paillage des cultures.

Nous avons aussi quelques ruches sur nos parcelles pour assurer une meilleure pollinisation de nos cultures, et par gourmandise pour y récolter le miel !

- 3 - Limiter les traitements

Les seuls traitements que nous effectuons sur nos cultures (arbres et légumes) sont des préparations à base de plantes (officiellement les PNPP, « Préparations Naturelles Peu Préoccupantes »), principalement des extraits fermentés (les plantes sont mise à fermenter dans de l’eau froide), des infusions (dans de l’eau chaude pendant quelques minutes) et des décoctions (à bouillir pendant quelques minutes). Les plantes utilisées sont autant sauvages que cultivées (ortie, prêle, sarriette, thym, absinthe, sureau, tomate, ail, consoude, tanaisie, etc.).

Ces préparations sont utiles à plusieurs niveaux :

  • favoriser la croissance des plantes en leur apportant des minéraux (action d’engrais, par exemple pour l’ortie et la consoude),
  • renforcer les plantes pour leur permettre de mieux résister aux ravageurs et maladie (la prèle, par exemple, apporte de la silice qui permet de mieux résister aux maladies cryptogamiques comme le mildiou),
  • repousser les éventuels ravageurs et maladie par des odeurs fortes (absinthe, tanaisie, tomate, etc.). Ces actions sont majoritairement préventives et n’ont que peu d’effet en curatif.

Nous essayons cependant de les utiliser uniquement en cas de nécessité avérée, à savoir :

  • régulièrement comme engrais pour le repiquage des semis très précoces (tomates, poivrons, aubergines, choux précoces, etc.)
  • systématiquement en protection sur certaines cultures très sensibles (cloque sur les pêchers, altise sur les crucifères, etc.),
  • en cas de conditions météorologiques favorables à certains ravageurs ou maladies pour les cultures à risque (mildiou sur les tomates en extérieur)
  • au moment des premiers signes de dégâts pour les cultures moins sensibles (pucerons sur les fèves).

Ces principes ne correspondent pas à un dogme à appliquer à la lettre, ce sont des orientations qui nous guident dans nos choix quotidiens. Ils viennent des nos expériences, aspirations et connaissances respectives et sont perçus et appliqués selon les sensibilités de chacun d’entre nous.

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